"Dans les décennies qui viennent, la quasi-totalité de la croissance démographique se produira en ville plutôt qu'à la campagne, ce qui va pousser la demande d'utilisation des paysages ruraux pour la production agricole commerciale", soulignent les auteurs.Les scientifiques ont comparé des indicateurs économiques et démographiques de 41 pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie avec des données satellitaires sur la déforestation recueillies entre 2000 et 2005.
Ils ont constaté que le recul des forêts est le plus prononcé là où l'urbanisation progresse vite et où le commerce des produits agricoles par habitant est élevé.
Les exportations agricoles accroissent aussi la demande en terres arables, souvent gagnées sur les forêts.
En revanche, il n'y a pas de relation significative entre croissance de la population rurale, associée à une hausse locale de la demande, et déforestation.
C'est pourquoi les politiques actuelles de lutte contre le déboisement "ne répondront pas, à l'avenir, à la principale cause de la déforestation", avertissent les chercheurs.
Cette mise en garde intervient alors que les pays riches se sont engagés au sommet de Copenhague sur le climat à donner 10 milliards de dollars sur trois ans aux pays en développement pour lutter le réchauffement climatique.
Une part significative de cet argent devrait aller à la protection des forêts tropicales, importants puits de carbone dont la destruction accélérera le réchauffement planétaire.
Une solution pour protéger les forêts pourrait être d'améliorer les rendements des surfaces déjà défrichées, suggèrent les auteurs.