Baptisée Opération Mushtarak - "ensemble", dans la langue dari, car les troupes afghanes se joignent aux forces internationales -, elle intervient après deux autres opérations menées l'an dernier dans cette région parmi les plus dangereuses d'AfghanistanEn face, les talibans assurent qu'ils ont massé de nombreux combattants autour de Marjah. "Nous avons la situation sous contrôle et nous sommes prêts à nous battre", a assuré Yousuf Ahmadi, porte-parole des talibans joint par téléphone depuis un lieu tenu secret.
Alors que l'offensive est en préparation depuis des semaines, des hélicoptères de l'Otan ont largué des tracts avertissant les 80.000 habitants de la vallée d'un assaut imminent.
"Les talibans sont nombreux là-bas. Ils se montrent violents avec nous, ils nous accusent d'être des espions à la solde des forces étrangères et nous réclament de la nourriture en permanence", témoigne Habibullah, 48 ans, qui a fui il y a deux mois vers Lashkar Gah, la capitale de la province.
"Il y a encore des gens qui vivent là-bas et les talibans contrôlent encore le secteur", a-t-il ajouté.
Alors que les habitants fuient, les autorités provinciales attendent l'arrivée de 7.000 familles à Lashkar Gah notamment.
Marjah se situe au coeur de l'une des premières régions productrices d'opium, l'une des sources principales de financement de l'insurrection des talibans.
"Les habitants de Marjah qui vivent sous les contrôle des talibans et avec la présence de trafiquants de drogue, n'ont pas beaucoup de choix", a assuré le général McChrystal.
"Nous tentons de leur dire que lorsque le gouvernement aura réétabli la sécurité, ils auront alors le choix. Ils pourront choisir ce qu'ils souhaitent cultiver, vendre leur production sur des marchés, ils n'auront pas affaire uniquement à des narco-traficants qui les forcent" à cultiver le pavot, a-t-il ajouté.
Le général a également assuré que dans le cadre du programme de réconciliation proposé par le président Hamid Karzaï, avec une politique de main tendue aux insurgés repentis, l'opération ne sera pas seulement militaire.
"Nous faisons en sorte que cette opération (soit) à la fois civile et militaire, car ce qui va changer ce n'est pas seulement le niveau de sécurité mais aussi la gouvernance", a souligné le général.
"Donc toute la préparation de l'opération a été menée par des civils avec l'armée en soutien et bien sûr, c'est une opération dirigée par l'Afghanistan", a-t-il assuré.